Hier, aux alentours de midi, je remarque en arrivant à mon rucher du bois, une forte agitation... Une recherche rapide m'amène à découvrir un magnifique tourbillonement d'abeilles, se rassemblant dans les fourrés, en trois paquets distincts, tous de belle taille, dont un affichant un mètre de longueur, s'enroulant sur le tronc d'un prunier, à quatre mètres de hauteur. Un essaim gigantesque ... dans un inextricable fouillis d'épines et de ronces... et bien sûr je n'avais aucun matériel sur moi.
Je rentre en vitesse rassembler échelle, outils de bucheronnage et boîtes diverses, et finit par remarquer, dans le rucher de mon jardin, une certaine agitation devenue presque routinière en ce bébut mai : un deuxième essaim s'était posé dans la haie du jardin, facile à prendre, de taille standard.
Il peut bien attendre ...
De retour au bois, l'essaim gigantesque s'était ... envolé, laissant derrière lui quelques abeilles pômées, déconcertées, tout autant que moi d'ailleurs...
Durant deux heures j'ai arpenté les alentours, traversé des fourrés hostiles, exploré les haies voisines, pour finalement revenir bredouille et péteux .
L'essaim posé dans ma haie à midi s'est fortement agité. Beaucoup d'abeilles tourbillonent dans le voisinnage, ce qui pourrait en inquiéter certains... Pour cause, un lot d'éclaireuses est en train de prendre possession d'une ruche piège. Ca tourne, ça tourbillonne, ça vombrit dans tous les sens, sous un ciel ombragé et menaçant, mais ça n'avance pas vite.
A 18H, la situation restait inchangée: le gros des troupes stationné dans la haie en une grappe stoîque refusait de suivre les escouades d'exploratrices, qui quoiques démonstratives et expansives, n'en restaient que trop peu persuasives.
Là encore une fois, la manière douce est trop lente pour cueillir un essaim... il me reste à sortir ma boîte.
Ce que je fis:
1°) Tailler les branches autour de la grappe de façon à approcher au mieux la boîte.
2°) Secouer les branches pour faire tomber les abeilles dans la boîte
3°) Fermer la boîte et la retourner ( au bout de 10 min les abeilles vont s'accrocher au plafond)
4°) Rouvrir la boîte et la poser en décalé sur son fond de façon à faire rentrer les abeilles restées dehors.
5°) Ramener la ruche piège pour que les exploratrices rejoignent la maison mère
6°) Boire une bonne bière en contemplant la réussite de l'entreprise
7°) Vaquer à d'autres occupations en attendant la fin des opérations
8°) Revenir s'assurer du travail achevé et constater, malédiction..., que les avettes étaient ressorties pour former une nouvelle grappe, plantée avec ironie, à dix centimètres de la position initiale...
Cette année les essaims sont farceurs.
9°) Acheter une bombe de Baygon, se venger généreusement, prendre la pelle et le ramasse-poussière, et enterrer tout le monde en chantonnant un air léger.
10°) Oublier le 9° et tout recommencer. La nuit tombant, tout le monde fut renversés dans une ruche puis emmenés au matin loin du jardin.
Elles battent le rappel pour rentrer. Dans une heure, elles le battront pour sortir...
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